L’horloge de la mosquée Mohamed Ali est un objet historique dont l’origine et la fonction restent en partie incertaines. Elle aurait été offerte vers 1845-1846 par Louis-Philippe à Mohamed Ali, souvent présentée comme un cadeau en retour pour l’obélisque de Louxor installé à Paris, bien que cette interprétation soit discutée.
L’escalier
Dès son installation, l’horloge semble avoir rencontré des problèmes techniques. Elle est restée longtemps à l’arrêt, malgré plusieurs tentatives de réparation, notamment au XXe siècle et au début des années 2000.
L’horloge en partie désossée.
Sur le plan architectural, elle est souvent perçue comme un élément dissonant dans l’ensemble de la mosquée, en raison de son style et de sa position. Elle est ainsi considérée comme une « pièce rapportée ».
Quelques pièces au sol.
Aujourd’hui, elle constitue un élément patrimonial singulier, à la fois document historique et exemple des échanges entre la France et l’Égypte au XIXe siècle.
Des rouages …
Pour remercier le Ministère de la Culture égyptien le Centre culturel français avait construit dans la Citadelle un cadran solaire au sol donnant l’heure des prières. Il semblerait que cette horloge génère au moins des échanges de bons procédés !
L’escalier qui mène au troisième niveau, derrière les vitraux.
En avril 2003 j’ai eu l’autorisation la photographier … démontée. L’accès s’effectue par un élégant escalier en fonte reliant le premier au troisième étage, tandis que l’horloge est située au niveau intermédiaire.
Le balancier …Les poids …Les timbres …
Y a-t-il quelques malices sémantiques d’avoir mis des timbres au lieu de cloches sachant que d’après Abou Houreira, le Prophète a dit : « Les sons de cloche sont les flûtes de Chaytan » ? Rapporté par Mouslim dans son Sahih n°2114
Le quartier de Tewfikia dans le Centre-Ville du Caire a toujours été un quartier populaire et passant. La création du souk aux légumes au début du XXe siècle lui a donné sa notoriété, au fil des ans c’est un des très rares lieux qui n’ait pas changé de nom après la révolution de 1952. A l’angle de deux grandes avenues, l’avenue Boulaq, aujourd’hui 26 juillet, et la rue Tawfik, aujourd’hui rue Orabi, un immeuble, un vaste immeuble de rapport construit en 1910 par l’architecte arménien Garo Balian pour le milliardaire Moïse Salomon Green. Ce bâtiment sans grand charme, dit de type napolitain, est coupé en son milieu par une sorte de ruelle, de patio qui permettait dans l’ancienne configuration du quartier d’aller de l’avenue Boulaq au souk. La réputation du quartier dans les années cinquante/soixante était sulfureuse, peuplé de petits escrocs, de joueurs de tawla (backgammon) ou de dominos, … Dans cette ruelle obscure, ancien lieu de rencontres des routards et baba-cools, surnommée “l’impasse de la Sérénité”, un café oriental, le “el Shams” – le Soleil – constitue un monde à part, une sorte de havre de paix et de tranquillité dans cette ville surmenée.
C’est un endroit incroyablement cairote, son histoire est vague, le patron actuel dit que le café a été décoré dans les années cinquante par un couple d’artistes originaux, elle allemande, lui égyptien, mais bien sûr personne ne les a connus, c’est loin ! Et puis ça n’a pas grande importance au Caire ça existe et peu importe pourquoi, par qui, c’est et c’est suffisant.
C’est un des fleurons du style “Loulou khamastashar”, appellation ironique pour le faux style Louis XV (quinze se dit kahmastashar en égyptien). Les murs sont décorés de fresques peintes représentant soit des paysages, soit des scènes pharaoniques soit des genres de saynètes, avec des miroirs et des bordures en plâtre doré qui encadrent tout. L’éclairage aujourd’hui est fait avec des tubes fluorescents qui rendent l’atmosphère encore plus sinistre.
Dans le café la musique arabe, Oum Khalsoum, Abdel Halim Hafez ou Farid el Atrache, complètement distordue par le manque de qualité de la sono et par la volonté d’avoir du bruit arrive à être en harmonie dans ce contexte, ici pas de starlettes libanaises sur les chaînes satellitaires, ce n’est pas le genre de la clientèle. Les cinq salles et la terrasse sont occupées par des tables en fer avec un plateau en galala, le marbre égyptien le plus courant, les chaises sont ces éternelles chaises en bois qu’on trouve absolument partout, dans tous les cafés, même les horribles chaises en plastique moulé ne les remplacent pas, c’est une des composantes essentielles du café égyptien.
La clientèle est variée et change selon les heures. Le matin ce sont les marchands du souk qui viennent boire un thé ou un café, l’après-midi ce sont les employés du tribunal d’à-côté qui viennent faire une petite partie avant de rentrer chez eux et le soir ce sont les habitants du quartier qui passent la soirée entre amis en jouant aux cartes, aux dominos ou à la tawla en buvant du thé, du café ou du yansoon, infusion d’anis. Le thé est de type “poudre à canon”, on le mélange dans une eau bouillante avec énormément de sucre et on le boit par petites gorgées très chaud, le café est “turkish coffee”, c’est aussi une poudre de café aromatisé parfois avec de la cardamome et que l’on boit soit sans sucre (ahwa sada) soit sucré “comme il faut” (ahwa mazbout) soit très sucré (ahwa ziyada), le serveur vient avec son petit pot, verse une partie dans le verre mouillé, tourne d’un mouvement de poignet le pot pour bien prendre le café au fond et finit de verser. C’est un rite et il doit être bien exécuté autrement le café n’est pas comme il faut ! Être au café est une composante importante de la vie égyptienne, c’est un moment de détente pour les hommes, il y a peu de femmes, elles restent à la maison et regardent, paraît-il, des feuilletons à la télévision.
Dans ce décor d’opérette fanée on en entend par dessus la musique les conversations, les annonces et les rires des joueurs, le bruit des jetons de tawla ou des dominos, le glouglou des sheeshas. Les sheeshas sont des pipes à eau appelées ailleurs narguilés, tout le monde fume ce tabac âcre mélangé à de la mélasse et parfumé à la pomme, la fraise, au miel, … Un homme est spécialement chargé de ce service. Préparer et fumer une sheesha est tout un art, il faut que la préparation du tabac soit de qualité et bien dosée, de la quantité et la pression du tabac dans le foyer en terre cuite vernissée dépend la durée, trop tassée elle s’éteint, trop lâche elle se consume en un rien de temps. Puis vient le rite du charbon de bois, certains préfèrent une grosse braise, d’autres au contraire tout un ensemble de petites qui couvrent toute la surface du tabac, cela change le goût, la durée, et puis c’est une habitude ; l’homme en charge doit veiller en permanence à la qualité des braises pour que le plaisir du fumeur reste constant. La fumée a fini par colorer comme un mauvais vernis les murs et les peintures, cette teinte très particulière, jaunâtre domine et n’est pas compensée par la lumière froide des tubes fluorescents.
Toutes les salles ont presque semblables, mais il en est une qui est plus particulièrement prisé par les rares femmes qui viennent, c’est la plus petite, à gauche, celle qui a les petites danseuses sur les murs surnommée “la salle Degas”. Il n’y a pas de thème spécifique à chaque salle, les “bas-reliefs” pharaoniques côtoient les couchers de soleil, les scènes champêtres avec des bouquets, des portraits avec des crues du Nil, … tout est mélangé, parfois un gros ventilateur est fixé en plein milieu, ça n’a pas d’importance … on voit au travers … !
Très peu d’étrangers viennent là, il faut le connaître pour le trouver, ce n’est pas non plus un lieu de rencontres des activistes révolutionnaires, c’est un café populaire égyptien qui garde sur ses murs, dans son ambiance et sa clientèle le souvenir d’un Caire cosmopolite, joyeux et baroque.
Cet article est paru dans le numéro de juin 2014 de World of Interiors
Avant de devenir un hôtel d’un luxe très local, la maison de Ferdinand de Lesseps était dans un état de délabrement avancé. En 2003 je n’avais pas pu visiter cette villa, en revanche en 2007 j’ai obtenu l’autorisation pour la réalisation d’un des livres sur les villes du canal de Suez. Avec émotion je suis entré dans sa chambre. L’état dans lequel elle était laissait à penser qu’il était parti depuis peu de temps. Cette chambre est modeste, un lit, un bureau, une bonnetière et un meuble de toilette, sur le bureau la photographie de l’impératrice Eugénie. Les rideaux et le ciel du baldaquin sont en lambeaux, le papier peint est déchiré, tout emplit d’une immense tristesse.
Asma est réalisatrice, elle a aussi été l’assistante de Youssef Chahine et de Salah Abou Seif. Je la voyais régulièrement dans différents évènements organisés par l’ambassade de France. Un jour des amis me proposent de venir à Alexandrie, nous sommes invités par Asma à résider dans son appartement alexandrin. C’est un grand appartement défraîchi. Ce qui est extrêmement émouvant c’est le contenu de cet appartement. Les meubles qui sont tous issus du palais de Sakakini ; la mère d’Asma était une fille du Sakakini qui a construit le palais éponyme au Caire, dans le quartier de Daher, au Caire.
La première impression évidente, c’est le refuge d’un homme simple, il n’y a pas les surcharges décoratives des appartements cairotes. Tout est minimaliste, tout est humain, tout est humble. Cette simplicité est émouvante tant elle correspond à son œuvre.
Devant sa table de travail un mur couvert de photographies, de tickets, de post-it, la promesse d’un film qui ne sera …Quelques affiches, quelques tableaux, quelques diplômes, des objets disparates donnent une atmosphère très intime, …Festival de Berlin 1979 : Ours d’argent et grand prix du jury de la Berlinale pour Alexandrie pourquoi ?Chevalier de la Légion d’honneur
Je ne me rappelle plus exactement la raison de mon rendez-vous à Pyramide Distribution avec Marianne Khoury, mais c’était en liaison avec le récent décès de son oncle Youssef Chahine. Leurs bureaux sont rue Champollion au Caire. J’apprends que celui de Youssef Chahine est à un étage en dessous et que depuis son décès personne n’y est allé. Il est tel que le cinéaste l’a laissé. C’est émouvant. La dernière trace du travail, comme s’il allait y revenir, avec ses habitudes, ses rituels, ses lieux de travail, de méditation, de repos, … intacts ! Je propose à Marianne de faire des photos en cet instant précis, l’ouverture de la porte et l’inventaire photographique des lieux. Elle accepte, ce sont des archives. Je reviens avec mon matériel, on ouvre la porte. C’est un petit appartement, on entre dans un lieu mixte bureau/cuisine lambrissé de bois vernis.
Un salon lui fait suite, confortable, couvert de souvenirs, d’affiches, de diplômes. Une bibliothèque sur laquelle sont posés des trophées, de livres dans un petit désordre d’usage.
Bureau vers le salonLe salonLe salon
L’espace cuisine
Au fond de la cuisine deux portes, à droite la salle de bains, à gauche un couloir qui mène dans une chambre quasiment monacale, un petit lit, une table, une chaise, une petite bibliothèque, rien d’autre qu’une mezzanine de rangement.
En Égypte, le non-musulman peut pénétrer et visiter les mosquées. Ce sont des lieux calmes, frais, silencieux. Hors des heures de prière, les hommes s’y reposent, discutent, méditent, dorment parfois. Et puis, au fond, dans un coin, devant un iwan, il y a un rideau.
Ce rideau est incongru. On ne sait trop pourquoi il est là. Il rompt l’harmonie du lieu, introduit une dissonance dans la composition des volumes. On dirait qu’il a été posé là pour être oublié, et pourtant il s’impose, silencieux et omniprésent.
Dans le travail photographique que j’e mène depuis j’ai mené pendant plus de dix ans en Égypte, j’ai toujours cherché à capter l’harmonie des lieux et la lumière — cette lumière si particulière, essentielle à l’architecture islamique, la lumière est « flamande », entre clair-obscur et rais de soleil. Mon regard a longtemps été nourri par le XVIIe et le XVIIIe siècles européens : je photographie des maisons, des châteaux, des natures mortes. Dans cette esthétique, trois éléments dominent : la lumière, les fleurs et les drapés. Chacun possède son sens propre et influe sur celui des autres.
Dans ce contexte, le rideau de mosquée semble d’autant plus désarmant : il n’a aucune recherche esthétique. Seul l’usage prévaut. Il manque désespérément de fond. Derrière lui, il n’y a rien : un espace vide, des chaises brisées, des bancs, des lambeaux d’étoffe. Lorsqu’on s’enquiert de son utilité, on apprend qu’il est destiné à séparer l’espace réservé aux femmes, afin qu’elles puissent prier « tranquillement ».
Tranquillement ?
Mais la mosquée n’est-elle pas, par essence, le lieu de la paix et de la tranquillité ? Qu’est-ce qui pourrait bien troubler la prière des femmes ? Pourquoi doivent-elles se tenir derrière ce rideau ?À mesure que la conversation avance, on découvre que, pour beaucoup, ce sont les femmes elles-mêmes qui troublent l’ordre. Il faut donc les cacher, disent-ils, afin que les hommes ne soient pas distraits, surtout lorsqu’elles se prosternent.
Ce rideau est captieux : par sa position, par son usage. « Cachez ce fantasme que je ne saurais voir ! » — voilà la logique. Plutôt que d’éduquer, on dissimule. On invoque la Loi, la tradition, « c’est comme ça depuis toujours ».
Un rideau islamique ?
Parler de l’islam est toujours un piège : il y a le texte, sacré, et son interprétation — souvent choisie dans une profusion d’hadiths plus ou moins authentiques, de fatwas plus ou moins opportunes. Mais sur le « rideau des femmes », point de fondement précis : ni verset, ni hadith. Certains affirment même qu’il contredit les enseignements du Prophète.
D’où vient donc cet artéfact ?
Le Prophète aurait dit : « Les meilleurs rangs pour les hommes dans la prière sont les premiers, et les pires sont les derniers ; les meilleurs rangs pour les femmes sont les derniers, et les pires sont les premiers. » (Muslim). Il attendait après la prière pour laisser aux femmes le temps de partir avant les hommes (Abî Dâwoud). Et il recommanda à certaines de prier chez elles, non par exclusion, mais par protection.
Mais au fil des siècles, l’interprétation s’est durcie. On lit aujourd’hui : « Le rideau doit rester. S’il n’existait pas à l’époque du Prophète, c’est parce qu’il n’y avait pas de raison de le mettre. Aujourd’hui, pour se préserver des tentations, il est nécessaire. » Ainsi naît la justification d’un usage sans origine.
Un rideau culturel
Lorsque j’ai compris que ce rideau n’était qu’une illusion, au sens barthésien du terme, il a pris une place centrale dans mon travail. Il révélait la vacuité d’un rigorisme s’appuyant sur des coquilles vides, transformant une habitude sociale en vérité religieuse. Cette pratique, paradoxalement attribuée à une parole de femme, n’est qu’un paradigme de la tartufferie masculine : l’expression d’un pouvoir qui s’arroge le droit de définir le visible.
Ce « rideau des femmes » n’est pas seulement un objet de ségrégation, c’est une posture : le reflet d’une certaine conception que la société égyptienne entretient d’elle-même. On cache ce qui dérange, ce qui pourrait heurter. Lorsqu’un dignitaire doit traverser un quartier délabré, on couvre les façades de bâches pour masquer la misère — mais on ne répare rien.
Cacher n’est pas voir sans être vu.
Le moucharabieh incarne au contraire une tradition du regard. Il filtre la lumière, permet de voir sans être vu, mais il laisse deviner des ombres, des formes : il appelle l’imaginaire. Le moucharabieh est l’antithèse du rideau : profane, fonctionnel, il structure la relation entre intérieur et extérieur. À la mosquée al-Maridani de Darb al-Ahmar, la salle de prière est séparée par un grand moucharabieh, tandis que le rideau des femmes est relégué dans la cour.
Aux yeux de ceux qui acceptent cet état de fait, le textile devient un instrument de domestication : il rend la femme supportable. Mais cet interdit engendre des frustrations dont elle porte la faute. Cercle vicieux : la femme reste le bouc émissaire.
Le rideau, signe et image
Le rideau, dans mon travail, a toujours tenu une place essentielle. Par la fluidité de ses drapés, la texture de ses fibres, il structure l’image, la ferme ou l’ouvre. Il est à la fois obstacle et passage, clôture et promesse : qu’y a-t-il derrière ?
Dans notre culture judéo-chrétienne, le rideau n’est pas plus innocent : en peinture ou au théâtre, il cache pour mieux révéler. Il est un signifiant, un vecteur de l’imaginaire. Comment ne pas penser au rideau du Verrou de Fragonard, qui en dit plus que les deux personnages du tableau ?
Un rideau cache, un autre montre ; l’un tait, l’autre raconte.
Le rideau et l’abandon
J’ai abordé ce « rideau des femmes » dans le cadre d’un travail plus large sur l’abandon. L’abandon, cette maladie silencieuse qui frappe les lieux, les objets, les êtres. On laisse tomber, on renonce : un jour, sans raison apparente, on cesse de voir, de comprendre, de se soucier.
Je ne cherche pas à juger, ni à comparer des cultures. Mais il ne faut pas abandonner sous prétexte qu’on ne comprend pas. La condition des femmes en Égypte demeure tragique : excisées, voilées, cachées dans les mosquées, enfermées dans les maisons, soumises à des maris souvent polygames. Ce n’est pas la religion qui impose cela, mais une lecture patriarcale et déformée.
Le « rideau des femmes » n’a rien de religieux. C’est une posture machiste, justifiée non parce qu’elle est prescrite, mais parce qu’elle n’est pas interdite.
L’horreur n’est pas seulement dans la guerre ou le sang : elle se trouve aussi dans un rideau, un voile, un regard, une attitude. Elle dure plus longtemps, s’infiltre dans la culture, dans les gestes quotidiens. C’est cette horreur-là que j’ai choisi de montrer.
J’étais revenu quelques jours au Caire pour finir une commande. Une amie m’avait prêté son appartement au-dessus du restaurant « L’Estoril ». Je savais que c’était les derniers jours de ma résidence de quinze années au Caire. Toutes les nuits il y avait des affrontements violents entre manifestants pro et anti-militaires.
Ce matin-là je descends prendre mon petit déjeuner chez Groppi sur la place Talaat Harb, les meilleurs croissants du Centre-Ville ! Je décide d’aller prendre l’ambiance sur la place Tahrir, les jours précédents les militaires avaient construit une stèle à « je ne sais plus quelle gloire » et le bruit courait qu’elle avait été détruite pendant la nuit.
Entre la rue Talaat Harb et l’angle de la rue Abd al Salam Aref je vois une curieuse silhouette qui se dirige vers les soldats armés et les chars. De rouge et blanc vêtue, un grand bonnet, elle avance ! Proche d’elle je la regarde, c’est évident, c’est la Mère Noël ! Mais que fait-elle là ? Je m’approche pour lui demander. Aussitôt elle se retourne et part d’un pas vif, j’essaie de la suivre, en vain, elle disparait, comme elle était venue.
La Mère Noël existe je l’ai rencontrée.
Mère Noël face aux barrages de l’armée sur la place Tahrir.
Le premier jour de la dernière année du deuxième millénaire au petit matin, la Cité des morts, au sud du Caire, le taxi s’arrête dans les encombrements, sur un auto-pont. En bas, un homme, un sac à la main, suit une piste dans la poussière de la ville. La pollution brumeuse adoucit la lumière du soleil levant, les minarets vibrent des appels à la prière de Fajr.
Anamnèse
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